L’épizootie actuelle de grippe aviaire à virus H5N1 hautement pathogène a débuté en Asie du Sud-Est à la fin 2003. Elle a entraîné dans ces pays (Vietnam, Thaïlande, Indonésie, République populaire de Chine et Hong-Kong, République de Corée, Cambodge, Japon, Malaisie, Laos) la perte de centaines de millions de volailles, touchées par la maladie ou détruites dans le cadre de programmes de lutte. Elle a un impact économique considérable pour les éleveurs et les consommateurs, notamment chez les petits aviculteurs. Le gouvernement vietnamien estime qu’en 2004, la perte économique s’est élevée à 0,5 % de son PIB. Par ailleurs, lors de contacts étroits avec des oiseaux malades, l’homme peut être contaminé et développer une maladie mortelle dans près de la moitié des cas déclarés et avérés (88 / 165 au 06 février 2006, rapportés dans le monde depuis le début de l’épizootie). Enfin, la nature du virus le rend sujet à de fréquentes mutations avec, à terme, le risque d’aboutir à une souche contagieuse pour certains mammifères comme le porc, ou directement transmissible d’homme à homme (ce qui n’est pas le cas actuellement), situation qui serait susceptible d’entraîner un pandémie avec de graves conséquences pour la santé publique.
Dans ces conditions, la seule mesure globalement efficace, tant sur les aspects économiques que de santé publique, est de lutter contre le virus H5N1 partout où il est présent, et en premier lieu en Asie du Sud-Est. Il est également crucial de surveiller son éventuelle extension de manière à mettre en œuvre tous les moyens possibles pour éteindre l’infection dès qu’elle apparaît. Les événements récents au Nigeria en témoignent puisque le foyer initial n’ayant été contrôlé que tardivement par rapport à la suspicion, le virus s’est ensuite rapidement propagé à d’autres exploitations.