Le Tchad se situe en Afrique Centrale et est entouré de pays qui ont connus des foyers de H5N1 par ex. le Soudan, le Niger et le Cameroun. Jusqu’en 2007, le Tchad est toujours indemne d’influenza aviaire de type H5N1.
Le Tchad compte environ 24 millions de poulets vivant, élevés principalement comme des volailles de basse-cours. Les fermes semi-industrielles représentent seulement 2% des produits avicoles. Au niveau des oiseaux sauvages, le Tchad partage le lac Tchad avec trois autres pays. Cette zone humide très importante représente un site d’hivernage pour des millions de migrants Paléarctiques qui se mélangent à cette saison avec des espèces Afro-tropicales. Le lac Tchad joue donc un rôle régional crucial dans les mouvements et la diffusion des oiseaux marins dans l’Ouest et le centre de l’Afrique.
En termes de lutte contre le virus de l’IAHP, un plan d’urgence a été étudié et un réseau de surveillance a été monté, basé sur REPIMAT qui a commencé en 1995. La sensibilisation du grand public a été effectuée par le biais d’interventions du ministère à la radio et à la télévision. Des mesures spécifiques pour contrôler la circulation de produits avicoles provenant de l’étranger ont été prises par le gouvernement en raison des menaces d’épidémie dans les pays voisins.
Le commerce légal et illégal de volaille a constitué la principale cause de la propagation de la maladie en Afrique, alors que les mouvements migratoires d’oiseaux sauvages, qui représentent un risque important, n’ont eu qu’un rôle mineur dans la propagation de la maladie. C’est dans ce contexte que le gouvernement de la République du Tchad et la commission européenne ont signé, le 19 mars 2007, une convention de financement d’un montant de quatre millions d’euros intitulée : « Intervention d’urgence pour la détection précoce et la lutte contre l’Influenza aviaire hautement pathogène au Tchad ». Ce projet de 36 mois a démarré le 1er août 2008, il a pour objectif principal la prévention et le contrôle de l’épizootie Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), mais aussi le maintien et le renforcement des capacités de surveillance et de lutte contre les autres épizooties et zoonoses présentes au Tchad (i).
(i) Afrique Agriculture, N°375, Mars-Avril 2010
Article original
, Article de la FAO
Deux études du suivi épidémiologique du virus de l’influenza chez les oiseaux sauvages ont été mises en place au Tchad, en Février 2006 et Avril 2007, dans le cadre des Programmes Techniques de Coopération (TCP) de la FAO (Surveillance et prévention de l’IAHP, FAO TCP). Les objectifs étaient d’évaluer la prévalence de l’influenza aviaire, en particuliers des souches hautement pathogènes, au sein des populations d’oiseaux sauvages, que ce soit des espèces migratrices ou sédentaires ; et de fournir un support technique au programme national de surveillance grâce au renforcement des capacités techniques des correspondants nationaux en méthodes d’échantillonnage et de prélèvements.
Ces missions ont été menées par le laboratoire vétérinaire Farcha, l’académie de la faune sauvage et le CIRAD. Les échantillons ont été prélevés au camp de chasse de Douguia sur les côtes du lac Tchad où les touristes viennent d’Europe (principalement de France) pour tuer des oiseaux marins entre Décembre et Avril quand les migrateurs Paléarctiques sont sur place. Les équipes ont suivi ces chasseurs et échantillonné les oiseaux juste abbatus. Les échantillons ont été conservés au laboratoire de Farcha avant d’être envoyés dans un laboratoire de référence en Europe.
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